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Les fils que nous suivons dans la durée, chacun rassemblant tous nos articles et débats sur le sujet.

Sans programme du FMI, la Tunisie a remboursé le 15 juillet 2026 ce que Kapitalis a appelé son dernier grand eurobond international, et couvre désormais son budget auprès des banques locales et de bailleurs régionaux, les transferts des Tunisiens de l'étranger et le tourisme tenant les réserves : un modèle que le gouvernement appelle le fait de compter sur soi et que ses critiques décrivent comme une dette qui a seulement changé d'adresse.

La Tunisie emprunte 110 millions d'euros à l'étranger pour rééquiper une industrie du phosphate qui produit bien moins de la moitié de sa capacité installée. Le parlement a approuvé la garantie de l'État le 28 juillet 2026, après un conflit sur les primes qui avait arrêté le travail dans quatre villes minières en mai, et après la fermeture des routes par des habitants de Métlaoui, en juillet, contre les coupures d'eau.

Trois ans après la signature du mémorandum migratoire entre l'UE et la Tunisie, 105 millions d'euros d'argent européen ont été mobilisés pour le contrôle des frontières tunisiennes, les arrivées en Italie ont baissé de 97 pour cent selon la mesure avancée par la Commission européenne, et 46 organisations de défense des droits affirment que cet argent a payé des interceptions violentes, des détentions arbitraires, des actes de torture et des expulsions collectives.

Le débat public tunisien porte sur le décret-loi 54, mais les deux journalistes condamnés à la prison en 2026 ont été condamnés sur un texte plus ancien, l'article 86 du code des télécommunications, et l'amendement promis du décret 54 n'a toujours pas été soumis au vote.

L'article 15 de la loi de finances 2026 confie la hausse des salaires de 2026 à 2028 à un décret, dans le privé comme dans le public, et la grève générale décidée contre lui par l'UGTT n'a jamais eu lieu.

Le ministère de l'agriculture donnait les barrages tunisiens à 60 % fin juin 2026 et jugeait le niveau très rassurant. Les robinets se sont tout de même arrêtés : sur les 608 signalements citoyens reçus en juillet par l'Observatoire tunisien de l'eau, 549 portaient sur des coupures non annoncées.

Huit prisons tunisiennes n'offrent pas plus de 2 m² par détenu, l'État répond à la surpopulation par de nouveaux bâtiments et des grâces, et la Ligue tunisienne des droits de l'homme, qui a publié ce chiffre, affirme qu'on ne l'y laisse plus entrer.
NOUVEAU Le réarmement européenL'Europe s'est donné jusqu'à 2030 pour être capable de se défendre. La ligne de crédit européenne est ouverte et commence à verser, et les associations militaires disent que leurs armées ne parviennent ni à recruter ni à garder assez d'effectifs.

Cinq ans après que Kaïs Saïed a invoqué les pouvoirs exceptionnels et suspendu le Parlement, la Tunisie a une nouvelle Constitution, et aucun scrutin national n'a depuis mobilisé un tiers des inscrits. Durant l'été 2026, l'État n'a pas su assurer l'eau et l'électricité.

La canicule de juillet 2026 a apporté à la Tunisie des coupures tournantes d'électricité, et avec elles un rationnement de l'eau, parce que les stations de pompage de la Sonede fonctionnent sur le réseau. Le débat depuis porte sur une seule question : la chaleur a-t-elle créé la pénurie d'électricité ou seulement révélé celle qui existait déjà ?

Le Conseil de sécurité a ordonné à sa force de maintien de la paix au Liban de cesser ses opérations le 31 décembre 2026. À la mi-juillet 2026, hormis des contacts informels entre certains membres, il n'avait toujours pas discuté des trois options que son propre secrétaire général lui a soumises. Ce qui remplacera la FINUL dépend de deux questions non tranchées : le départ des soldats israéliens du terrain qu'ils tiennent, et l'abandon de ses armes par le Hezbollah.

Les colons et les soldats israéliens ont tué au moins 1 100 Palestiniens en Cisjordanie occupée depuis le 7 octobre 2023, et, selon le décompte de B'Tselem, un seul Israélien a depuis été inculpé pour avoir tué un Palestinien.

Ce que le décret 148 impose aux banques tunisiennes, qui le paie, et pourquoi personne n'a encore pu emprunter.