Le Liban-Sud après la FINUL
Le Conseil de sécurité a ordonné à sa force de maintien de la paix au Liban de cesser ses opérations le 31 décembre 2026. À la mi-juillet 2026, selon Security Council Report, il n'avait toujours pas discuté, hormis des contacts informels entre certains membres, des trois options que son propre secrétaire général lui a soumises. Ce qui remplacera la FINUL dépend de deux questions non tranchées : le départ des soldats israéliens du terrain qu'ils tiennent, et l'abandon de ses armes par le Hezbollah.

Le 28 août 2025, le Conseil de sécurité a adopté la résolution 2790, qui proroge « une dernière fois » le mandat de la Force intérimaire des Nations unies au Liban, la FINUL, jusqu'au 31 décembre 2026. La force doit cesser ses opérations à cette date, puis se retirer de façon ordonnée et sûre en un an, soit au plus tard le 31 décembre 2027. Le même texte appelle Israël à se replier au nord de la Ligne bleue, la ligne de retrait tracée par les Nations unies en 2000, et à supprimer les zones tampons qu'il y a désignées. Il demande aussi au secrétaire général de proposer, avant le 1er juin 2026, des options pour appliquer la résolution 1701 après la FINUL. C'est le texte de 2006 par lequel le Liban s'est engagé à garder le sud libre d'armes et de groupes armés.
La FINUL est déjà plus petite qu'au moment de ce vote. Les rapports du secrétaire général la donnent à 10 372 militaires en juin 2025 et à 8 005 en juin 2026. Face aux difficultés financières du maintien de la paix onusien, la mission a réduit ses dépenses de 15 %, renvoyé chez eux 2 094 soldats jusqu'en février 2026 et remis une position à l'armée libanaise en juin 2026. La remise de six autres reste en suspens en raison de la poursuite des combats. Rien de tout cela n'est le retrait ordonné par le Conseil, qui ne commence qu'à la fin du mandat.
Le secrétaire général a répondu le 1er juin 2026 par trois options, toutes plus petites que la FINUL et bâties chacune sur un noyau d'observateurs militaires non armés des Nations unies. Ce noyau compte 350, 285 ou 215 personnels, à l'intérieur de totaux d'environ 5 525, 3 370 et 1 980 personnels en tenue. Sa lettre compte des personnels en tenue là où ses rapports comptent la FINUL en militaires ; chaque chiffre vaut tel que son document le donne. Seule la plus grande option, dit la lettre, pourrait s'interposer entre l'armée israélienne et l'armée libanaise. Security Council Report, organisme de recherche indépendant, écrivait le 15 juillet 2026 que certains membres semblaient s'être consultés de façon informelle, mais que le Conseil n'avait tenu aucune discussion sur ces options. La France et l'Italie ont annoncé le 25 juin 2026 qu'elles codirigeraient une coalition internationale pour le Liban, dont les contours, écrivait la même organisation, restent à définir.
Le 2 mars 2026, le Hezbollah a attaqué Israël. Israël a frappé par les airs le sud du Liban, la Bekaa et Beyrouth, et a poussé plus loin au nord de la Ligne bleue. Le 19 avril 2026, son armée a publié la carte d'une « ligne de défense avancée » allant jusqu'à 10 kilomètres au nord de la Ligne bleue et englobant quelque 55 villages libanais. Le secrétaire général qualifie cette ligne de violation directe de la souveraineté libanaise, et tient la Ligne bleue pour la ligne de retrait applicable. Dans des propos rapportés par Al Jazeera le 14 août 2026, le ministre israélien de la défense a dit que son armée tient 700 kilomètres carrés du Liban, environ 7 % du pays.
Le Liban, Israël et les États-Unis ont signé un cadre le 26 juin 2026. Il prévoit que l'armée libanaise rétablisse l'autorité de l'État sur le territoire libanais, sous condition du désarmement vérifié des groupes armés non étatiques, pour que les forces israéliennes puissent quitter le Liban par étapes, à commencer par deux zones pilotes. Cette armée comptait plus de 9 000 soldats au sud du Litani en février 2026. Après le 2 mars, elle a annoncé qu'elle déplaçait certains de ses points frontaliers, faute de moyens. Le Hezbollah a rejeté ce cadre, et son chef affirme qu'aucun accord fondé sur le désarmement ne passera.
”Pour notre mission, la résolution 1701 demeure notre boussole, qui guide nos actes, nos décisions et notre engagement pour la paix chaque jour.”
Les chiffres
Ce que la comparaison montre
Ce sur quoi ils s'accordent
Aucune voix sur cette page ne propose de successeur à la FINUL. Le président turc offre de prendre part aux initiatives qui soutiennent la sécurité dans la région, et le commandant de la FINUL s'en tient à la résolution que sa mission continue de servir. Les autres se disputent sur les soldats israéliens en terre libanaise et les armes du Hezbollah.
Là où ça se sépare
Le ministre israélien de la défense fait du désarmement du Hezbollah la condition de tout retrait israélien. Le chef du Hezbollah dit qu'aucun accord fondé sur le désarmement ne passera, si bien que chacun rend inatteignable la condition posée par l'autre. Le président et le premier ministre libanais veulent les deux moitiés à la fois : une seule armée sous l'État et un retrait israélien, dont seul le premier ministre exige un calendrier clair. Le Hezbollah a rejeté cette voie, et Israël la lie à un désarmement qui n'a pas eu lieu. Le président turc propose de prendre part à toutes les initiatives lancées pour soutenir la sécurité dans la région ; le président libanais dit que l'État libanais négocie seul.
Ce que personne ne dit
Le cadre signé par les trois gouvernements le 26 juin 2026 ne mentionne ni la résolution 1701, ni le Conseil de sécurité, ni la FINUL, selon la lecture qu'en fait Security Council Report. La vérification dans les zones pilotes revient à une « entité tierce agréée d'un commun accord », dans les termes que Security Council Report cite de l'annexe de sécurité du cadre. C'est une description, pas un organisme.
Qui dit quoi
L'État libanais négocie seul et est souverain dans ses décisions. Il veut le départ d'Israël de chaque pouce du territoire libanais, sous un seul État, une seule armée et une seule autorité.
”the Lebanese state is conducting the negotiations and is sovereign in its decisions; no one can act through us or at our expense”l'État libanais conduit les négociations et est souverain dans ses décisions ; nul ne peut agir par notre intermédiaire ni à nos dépens
Le Liban s'est engagé, en acceptant la résolution 1701 en 2006, à débarrasser le sud des armes et des groupes armés, et il dit que le pays a longtemps différé ce que prévoyait l'accord de Taëf : une seule armée sous l'État. Le 14 août 2026, rapporte Al Jazeera, il a reçu l'ambassadeur américain et réclamé l'arrêt des destructions, la fin de l'extension des zones pilotes et un calendrier clair du retrait israélien.
”we have long delayed implementing what was stipulated in the Taif Agreement”nous avons longtemps tardé à appliquer ce que stipulait l'accord de Taëf
Aucun accord fondé sur le désarmement du Hezbollah ne passera, et il n'y a ni zones pilotes ni zones de sécurité particulières pour Israël. Il qualifie la ligne du gouvernement de capitulation qui a bradé la souveraineté du Liban, et lui demande de reconnaître son échec.
”تُصوب على المقاومة بدلا من التصويب على العدو وعدم التزامه بالاتفاقات”[l'autorité libanaise] vise la résistance au lieu de viser l'ennemi et son non-respect des accords
Israël ne se retirera pas tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé et que le danger qu'il représente n'aura pas été écarté. Il traite le terrain tenu par son armée comme une zone de sécurité et non comme une position provisoire, et l'a chiffré, dans des propos rapportés par Al Jazeera le 14 août 2026, à 700 kilomètres carrés.
”Israel has no intention of withdrawing from the Beaufort, which is an integral part of the security zone.”Israël n'a aucune intention de se retirer du château de Beaufort, qui fait partie intégrante de la zone de sécurité.
La Türkiye veut prendre part à toutes les initiatives qui seront lancées pour soutenir la sécurité dans la région, et dit que son soutien à l'armée libanaise se poursuivra. Il parlait à Ankara aux côtés du président libanais, et a offert l'aide turque à la reconstruction du sud.
”we as Türkiye want to take part in all initiatives to be launched to support security in the region”nous, la Türkiye, voulons prendre part à toutes les initiatives qui seront lancées pour soutenir la sécurité dans la région
Il soutient que les principes de la résolution 1701 sont plus pertinents que jamais. Il s'exprimait le 11 août 2026, vingt ans jour pour jour après l'adoption de la résolution, lors d'une cérémonie à Naqoura où il a rendu hommage à sept casques bleus tués dans les mois qui l'ont précédée. Le mandat de la FINUL s'achève le 31 décembre 2026.
”For our mission, Resolution 1701 remains our compass, guiding our actions, our decisions and our commitment to peace every single day.”Pour notre mission, la résolution 1701 demeure notre boussole, qui guide nos actes, nos décisions et notre engagement pour la paix chaque jour.
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