Le rayon d'eau en bouteille s'est vidé en juillet. Tous ceux qui désignent un coupable désignent l'étape de la distribution
L'eau en bouteille a été difficile à trouver dans les commerces tunisiens à partir de fin juillet, et là où elle se vendait, le prix avait monté. La chambre des producteurs met en cause distributeurs, grossistes et détaillants. L'Organisation de défense du consommateur met en cause spéculateurs et intermédiaires. Le ministère du Commerce n'avance aucune cause ; il dit avoir saisi plus de 147 000 litres entre la mi-juillet et début août. L'Observatoire tunisien de l'eau a passé le même mois à compter autre chose : 608 signalements de perturbations de l'approvisionnement en eau.
Ce sur quoi ils s'accordent
La chambre des producteurs et l'Organisation de défense du consommateur décrivent le même magasin : de l'eau difficile à trouver à partir de fin juillet, et un prix plus élevé là où on la trouvait. Toutes deux situent le coupable dans les étapes après l'usine.
Là où ça se sépare
Les coupables ne se recoupent pas : les distributeurs et les commerçants pour la chambre, les spéculateurs et les intermédiaires pour l'organisation de consommateurs, personne pour le ministère, et pour l'observatoire le réseau plutôt que la bouteille. Et les dates ne se testent jamais : les chiffres de saisie du ministère s'arrêtent à début août, si bien qu'ils ne confirment ni ne contredisent le retour à la normale annoncé par la chambre le 8 août.
Ce que personne ne dit
Personne ne relie les deux eaux. L'observatoire compte les défaillances du réseau d'eau potable ; la chambre explique la pénurie d'eau en bouteille par les coupures d'électricité dans les usines ; personne ne dit si ce sont les robinets à sec qui poussent les gens vers le rayon. Et personne ne chiffre la hausse elle-même, ni en dinars ni en pourcentage.
Il affirme que les producteurs n'ont pas augmenté leurs prix ; les hausses, dit-il, viennent des distributeurs et des commerçants de gros et de détail. Des coupures d'électricité répétées perturbaient la production dans les unités d'embouteillage. Le 8 août, il a indiqué que l'approvisionnement avait retrouvé son rythme normal, les températures ayant baissé et l'électricité s'étant stabilisée, et il a appelé les brigades de contrôle du ministère du Commerce à mettre fin aux hausses illégales.
Elle indique que l'organisation a reçu plusieurs plaintes : de l'eau en bouteille introuvable dans les commerces, et des prix en hausse là où on la trouve. La pénurie, dit-elle, n'excuse pas les hausses ; elle met en cause spéculateurs et intermédiaires. Son conseil aux consommateurs est concret : acheter dans les points de vente organisés et légaux, comparer le prix affiché au prix payé, et signaler les hausses injustifiées à l'organisation ou au contrôle économique.
Le ministère n'explique pas la pénurie ; il répond par le contrôle. Ses unités, avec les services de sécurité, ont saisi plus de 147 000 litres d'eau conditionnée entre la mi-juillet et début août, au fil d'interventions quotidiennes dans le secteur, et des poursuites ont été engagées contre les contrevenants. Le motif avancé : des infractions aux règles de transparence des transactions et des prix. À quel stade de la chaîne l'eau a été saisie, il ne le dit pas.
L'observatoire situe le problème au robinet, pas dans la bouteille. En juillet, il a enregistré 608 signalements de perturbations de l'approvisionnement en eau, le total mensuel le plus élevé depuis le début de 2026 ; 549 portaient sur des coupures non annoncées et des perturbations de la distribution d'eau potable. La Tunisie, dit-il, est entrée dans une phase critique d'urgence hydrique. Les protestations liées à l'eau sont passées de 23 en juin à 34 en juillet, et les signalements se concentrent désormais sur le littoral et les zones touristiques, Nabeul en tête avec 65.