
L'Institut national de la statistique (INS) a annoncé, le 5 août, que les prix à la consommation ont progressé de 5,1% en glissement annuel en juillet, contre 5,3% en juin, soit le troisième repli mensuel consécutif, tandis que l'inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, est retombée à 4,8%. Le groupe « produits alimentaires et boissons » affiche néanmoins une hausse de 6,6%, tirée par la viande ovine (+16,7%), les fruits frais (+13,8%), la viande bovine (+13,7%) et les volailles (+12,5%). L'écart entre les prix libres (+6,2%) et les prix administrés (+1,1%) : 7,4% contre 0,2% pour l'alimentation : montre à quel point la décrue de l'inflation repose sur des subventions que le budget de l'État peine de plus en plus à supporter.

La cheffe du gouvernement Sara Zaâfrani Zenzri a présidé, le 4 août au palais du gouvernement à La Kasbah, un conseil ministériel restreint qui a arrêté les grandes orientations du projet de loi de finances 2027 : les sécurités stratégiques (alimentaire, hydrique, énergétique et pharmaceutique) , la restructuration globale des entreprises publiques, une plus grande équité fiscale et l'intégration du secteur informel dans le circuit formel. La ministre des Finances Mishkat Salama El Khaldi a présenté le bilan de l'exécution du budget 2026 et les perspectives macroéconomiques pour 2027. Le budget s'inscrit dans le plan de développement 2026-2030 et dans la doctrine du président Kaïs Saïed du « compter sur soi » : la Tunisie ne dispose toujours pas d'un programme avec le FMI et doit couvrir ses besoins de financement sur le marché et auprès de la Banque centrale, avec une dette publique avoisinant les 80% du PIB.

Depuis le dimanche 2 août, des centaines de Tunisiens sont restés bloqués du côté libyen du poste frontalier de Ras Jedir, selon Mostafa Abdelkebir, président de l'Observatoire tunisien des droits de l'Homme, qui a décrit des voyageurs âgés livrés à la chaleur estivale, sans eau ni ombre, après trois à quatre jours d'attente. Le 4 août, il a indiqué que le trafic commençait à se fluidifier à la suite de contacts avec les parties libyennes, ce qu'ont confirmé des sources locales libyennes. Ras Jedir est le principal point de passage terrestre entre les deux pays et un poumon pour le commerce du sud tunisien ; la répétition des fermetures et des arrestations croisées de commerçants rappelle que Tunis ne dispose toujours pas d'un arrangement frontalier viable avec un voisin dépourvu d'autorité centrale stable.