mercredi 19 août 2026 ··

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Tunisie · Europe · Géopolitique : le brief quotidien
Qui dit quoi · La Compagnie des phosphates de Gafsa

Les mineurs de Gafsa déposent un préavis de grève pour septembre, trois semaines après que l'État a garanti un prêt pour moderniser leurs mines

Le 17 août, la fédération des mines de l'UGTT a déposé un préavis de grève à la CPG pour le 1er, 2 et 3 septembre, affirmant que la direction et le ministère n'ont jamais répondu à sa demande de négociation salariale. Le préavis vient trois semaines après que le Parlement a garanti un prêt de 110 millions d'euros de la BERD pour moderniser les équipements miniers de l'entreprise. Ceux qui suivent l'entreprise ne s'accordent pas sur la cause réelle : salaires impayés, effectif trop lourd, matériel usé, ou manque d'eau.

Ce sur quoi ils s'accordent

Quatre des cinq voix, le syndicat, l'expert-comptable, le directeur général et le député, traitent la situation de la CPG comme une crise structurelle installée depuis des années, pas comme un revers passager. Aucun d'eux ne défend le statu quo ni ne considère que l'entreprise doit être abandonnée, et chacun vise à la sauver, pas à la fermer.

Là où ça se sépare

Ils ne s'accordent pas sur la cause. Le syndicat blâme les accords non tenus et le silence de la direction, et veut négocier. L'expert-comptable blâme la masse salariale, triplée depuis 2010 alors que la production a chuté de moitié, et propose du capital privé. Le directeur général blâme le matériel usé, le rail et l'eau, pas les salaires. Le député soutient la récente fusion des directions mais dit qu'elle ne suffit pas sans réforme plus profonde. Le ministre, lui, n'a jamais été interrogé sur la CPG : sa défense d'un financement distinct pour GCT, approuvé le lendemain du prêt de la CPG, montre que l'argent des deux entreprises reste séparé alors que leurs directions viennent d'être fusionnées.

Ce que personne ne dit

Personne du côté syndical ou ministériel n'a publiquement répondu aux chiffres de l'expert-comptable sur le triplement des effectifs alors que la production a été divisée par deux, ni pour les contester ni pour défendre les emplois créés. Personne n'explique non plus les trois semaines entre l'adoption d'un prêt destiné à moderniser les équipements de la CPG et un préavis de grève pour salaires impayés. La question de savoir si ce prêt devait toucher au différend salarial n'a été posée à aucune des voix citées ici.

Rym Helal, secrétaire générale, Fédération générale des mines de l'UGTT

Le préavis de grève de la fédération, déposé le 17 août après que la direction et le ministère ont laissé sans réponse une demande de négociation, exige l'application des augmentations de salaire déjà convenues, une hausse de 4 % de la prime de compensation, une indemnité de fin de carrière équivalente à celle de GCT, le groupe chimique public, et l'intégration des hausses de 2015-2017 dans le salaire de base.

Atef Hannachi, expert-comptable et chroniqueur, Kapitalis

Estime que c'est la masse salariale, et non un manque de financement, qui rend l'entreprise déficitaire. Il souligne que la CPG employait 902 personnes en 2010 pour une production de 8 millions de tonnes, contre plus de 3 000 employés en 2024 pour environ la moitié de cette production, et affirme que la seule solution réaliste est d'ouvrir le capital de l'entreprise à un partenaire privé.

”Le principal problème qui handicape l'entreprise et l'empêche d'évoluer et de rattraper son retard par rapport à ses concurrents, anciens et nouveaux, c'est la masse salariale importante qui alourdit ses dépenses, grève son budget et réduit considérablement ses marges, malgré la hausse continue des cours du produit sur le marché international.”Le principal problème qui handicape l'entreprise et l'empêche d'évoluer et de rattraper son retard par rapport à ses concurrents, anciens et nouveaux, c'est la masse salariale importante qui alourdit ses dépenses, grève son budget et réduit considérablement ses marges, malgré la hausse continue des cours du produit sur le marché international.
Omar Bouzouada, directeur général, CPG et GCT

Présente les problèmes de l'entreprise comme relevant du capital et des infrastructures : matériel usé, faible capacité ferroviaire et manque d'eau pour laver le minerai. Il a présenté un plan pour porter la production à 5 millions de tonnes d'ici 2028 et 9,4 millions d'ici 2035, et ses déclarations publiques sur cette stratégie n'ont pas abordé les revendications salariales et de rappels de salaire à l'origine du préavis de grève.

Samir Abdelhafidh, ministre de l'Économie et de la Planification

Le lendemain de l'adoption par le Parlement du prêt de la BERD pour la CPG, il a défendu devant les députés un financement islamique distinct pour GCT, conclu au titre des projets de loi 50 et 51. Il a précisé que cet argent finance l'importation de matières premières comme le soufre et l'ammoniac, pas la modernisation des équipements, une distinction qui laisse de côté le conflit salarial de la CPG.

”les financements faisant l'objet des projets de loi n° 50 et n° 51 de l'année 2026, ne sont pas destinés à la modernisation des moyens de production du Groupe Chimique Tunisien (GCT) mais à l'importation de matières premières nécessaires à la production d'engrais”les financements faisant l'objet des projets de loi n° 50 et n° 51 de l'année 2026, ne sont pas destinés à la modernisation des moyens de production du Groupe Chimique Tunisien (GCT) mais à l'importation de matières premières nécessaires à la production d'engrais
Mohamed El Majdi, député, commission parlementaire de l'industrie, de l'énergie et des mines

Soutient la fusion de la CPG et du GCT sous une direction générale unique, la qualifiant de l'une des meilleures décisions récentes du gouvernement, mais affirme que cette mesure seule ne règle rien : le secteur a besoin d'un changement structurel aux niveaux administratif, financier et de gouvernance, pas seulement d'un changement de direction.

”الدمج الإداري بين الزوز شركات يعد من أفضل القرارات التي اتخذتها الحكومة”la fusion administrative des deux entreprises figure parmi les meilleures décisions prises par le gouvernement
À suivre: Phosphates

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