dimanche 9 août 2026 ··

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Tunisie · Europe · Géopolitique : le brief quotidien
Qui dit quoi · Les coupures d'électricité en Tunisie

Tout le monde s'accorde à dire que le courant a manqué. Personne ne s'accorde sur l'ampleur

La Steg est passée au délestage programmé le 16 juillet, et le 8 août elle a fait état de 18 294 interventions pour rétablir le courant sur la seule semaine du 18 au 24 juillet. Un rapport de l'Observatoire tunisien de l'économie daté du 1er août chiffre à 87 pour cent la chute de l'investissement public dans la production, de 1,947 milliard de dinars sur 2016-2020 à 248 millions sur 2021-2025. La société, le syndicat, les médecins et la chroniqueuse ci-dessous répondent chacun à une question différente sur cet été.

Ce sur quoi ils s'accordent

Trifa et Ben Ammar traitent tous deux les coupures comme une mesure délibérée plutôt que comme une panne imprévue, et situent tous deux la demande de juillet au-dessus de ce que le système pouvait fournir. Dhakar et Albouchi prennent les coupures pour acquises et raisonnent à partir de leurs effets, sur les hôpitaux et sur le fait qu'elles se répètent.

Là où ça se sépare

Trifa explique les coupures par la météo et la consommation. Ben Ammar les explique par un ministère qui ne diffuse pas l'information et par des investissements déplacés de la production vers le réseau. Dhakar raisonne à partir des hôpitaux et soutient que les coupures n'auraient jamais dû toucher les établissements de santé. Albouchi situe la défaillance dans une administration où, de l'aveu d'un ancien ministre, les projets restent dans les tiroirs.

Ce que personne ne dit

Le syndicat avance une consommation supérieure à 6 000 mégawatts le 23 juillet pour 4 685 disponibles, tandis que le rapport de l'Observatoire tunisien de l'économie du 1er août part du record de 4 888 mégawatts établi le 14 août 2024 et n'utilise pas le chiffre supérieur. La Steg n'a publié aucune pointe pour juillet, et n'a confirmé ni l'un ni l'autre.

Faisal Trifa, PDG de la Steg

Il rattache les coupures à une canicule exceptionnelle, à une demande record et à des contraintes techniques sur le réseau, et présente le délestage comme ce qui évite l'effondrement général. Sur la Radio nationale le 21 juillet, il a demandé aux ménages de réduire leur consommation entre 13h et 17h et d'éviter les appareils les plus énergivores sur ce créneau.

Elias Ben Ammar, membre de la fédération générale de l'électricité et du gaz, UGTT

Il affirme que c'est le ministère et non la Steg qui retient l'information, et que le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie s'oppose à la volonté de la société de prévenir les usagers avant les coupures. Il situe la capacité de production du 23 juillet à 4 685 mégawatts pour une consommation dépassant 6 000. D'après ses chiffres, l'investissement dans la production est tombé de 146 millions de dinars en 2022 à 5 millions en 2025, tandis que le transport recevait 273 millions et la distribution 178 millions.

”le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie qui refuse d'informer les citoyens sur la réalité de la situation énergétique du pays”le ministère de l'Industrie, des Mines et de l'Énergie qui refuse d'informer les citoyens sur la réalité de la situation énergétique du pays
Wajih Dhakar, président de l'Organisation tunisienne des jeunes médecins

Il estime que les coupures ne devraient toucher ni les foyers ni les établissements de santé, et que certains hôpitaux n'ont pas de groupes électrogènes fonctionnels ou n'en alimentent qu'une partie des services. Il cite l'hôpital de Mahdia, qui s'est approvisionné en eau auprès d'habitants voisins après des perturbations du réseau de la Sonede. Il décrit aussi une coupure au service de réanimation néonatale de Wassila Bourguiba à La Rabta, où des médecins ont été rappelés pour ventiler manuellement des nouveau-nés, et précise qu'aucun décès n'en a résulté.

Manel Albouchi, chroniqueuse, Kapitalis

Elle rapporte les propos d'un ancien ministre lui disant que tant que les gens ne sont pas animés par l'esprit de l'intérêt général, tous les projets restent dans les tiroirs, et qualifiant cela d'amer constat de son passage au ministère. Elle refuse d'y voir un manque de civisme chez les agents publics.

”lorsqu'une panne devient récurrente, elle cesse d'être un simple incident technique. Elle devient le symptôme d'un système”lorsqu'une panne devient récurrente, elle cesse d'être un simple incident technique. Elle devient le symptôme d'un système

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