Cinq ans après la prise de pouvoir, la colère des Tunisiens reste sous la surface

Al Jazeera rapportait, le 1er août, que l'exaspération née des coupures de courant pouvant atteindre douze heures, de la dégradation économique et de l'emprisonnement des voix critiques est largement partagée mais peu structurée, cinq ans après la suspension du Parlement par le président Kaïs Saïed et l'instauration du gouvernement par décrets. La directrice pour la Tunisie de Human Rights Watch, Salsabil Chellali, le chercheur Hamza Meddeb (Carnegie) et le directeur Afrique du Nord de l'International Crisis Group, Riccardo Fabiani, décrivent une opposition fragmentée par les poursuites et une presse rétrécie par la censure, qui laissent le mécontentement sans débouché politique. Pour qui évalue le risque tunisien, l'essentiel est là : l'absence de mobilisation visible n'équivaut pas à un assentiment, et elle prive d'un signal d'alerte que la contestation organisée fournit d'ordinaire.