
Le samedi 25 juillet, cinq ans jour pour jour après la suspension du Parlement par le président Kaïs Saïed et le passage au gouvernement par décrets, des manifestants ont défilé de la place de la République au Théâtre municipal, le long de l'avenue Habib-Bourguiba, aux cris de « Dégage ! » et « Liberté, travail, dignité nationale ». Le rassemblement était à l'appel de Nafas, plateforme qui réunit partis d'opposition et personnalités indépendantes ; les porte-parole d'Al Joumhouri et d'Ennahdha ont relevé que la mobilisation dépasse désormais largement l'opposition traditionnelle pour toucher des citoyens excédés par les prix et la dégradation des services publics. Kaïs Saïed soutient pour sa part que ses mesures visent la corruption et le chaos, et qu'aucune liberté n'a été restreinte.

Pour le 69e anniversaire de la République, le 25 juillet, le chef de l'État n'a prononcé aucun discours ni adressé de message officiel aux Tunisiens, relève Business News : comme il avait déjà fait l'impasse sur ses vœux de l'Aïd el-Kébir, rompant avec une tradition politique bien ancrée. Depuis 2021, Kaïs Saïed communique presque exclusivement par des vidéos diffusées sur la page officielle de la présidence, au fil de réunions et de visites de terrain, les allocutions solennelles se raréfiant d'année en année. Ce silence tombe en pleine série de coupures d'électricité et d'eau, sous une canicule historique : l'absence de toute reconnaissance officielle de la crise n'en est que plus politique.

Le décret présidentiel n° 2026-148 du 23 juillet, paru au JORT n° 75 du 24 juillet, fixe les conditions des lignes de financement « sur l'honneur » : chaque banque devra consacrer au moins 8% de son bénéfice annuel à des prêts sans intérêts ni garanties, en application de l'article 412 ter du Code de commerce introduit par la loi 2024-41. Les plafonds sont de 25 000 dinars pour les PME et les sociétés communautaires, 10 000 pour les porteurs de petits projets et 5 000 pour les particuliers ; la banque dispose de dix jours ouvrables pour statuer, doit motiver tout refus, ne peut percevoir aucun frais d'étude et doit réserver au moins la moitié de la ligne aux petites entreprises et aux sociétés communautaires, à partir des bénéfices de l'exercice 2025. African Manager relève que le texte ne prévoit aucune voie de recouvrement en cas de défaut : une dépense de politique sociale est ainsi transférée aux bilans des banques.