
La dernière activité officielle enregistrée du président Kaïs Saïed remonte au 8 juillet ; la présidence n'a rien publié depuis et n'a rien dit de son état de santé. Le quotidien italien Il Foglio a rapporté le 17 juillet, sur la foi de sources non nommées, que Kaïs Saïed aurait été admis à l'hôpital militaire de Tunis à la suite d'un infarctus ayant nécessité une intervention en urgence : une information qu'aucune institution tunisienne n'a confirmée ni démentie et que nous n'avons pas pu recouper. Ce silence pèse d'autant plus que la Constitution de 2022 confie la vacance définitive au président d'une Cour constitutionnelle qui n'a jamais été mise en place : une absence inexpliquée ne trouve donc aucune réponse établie quant à l'intérim.

Le PDG de la Sonede, Abdelhamid Mnaja, explique que les perturbations de l'eau potable découlent largement des coupures d'électricité : la société exploite quelque 1 500 stations de pompage électriques et constitue le premier client de la Steg, si bien que chaque tour de délestage arrête la production. Il présente ces mesures comme un ajustement entre l'offre et la demande plutôt que comme des coupures à proprement parler, avec un rationnement nocturne maintenu au Sahel jusqu'à la mise en service de la station de traitement de Kallâa Kebira, prévue en décembre 2026. C'est cet enchaînement, du déficit de production au robinet sec, qui fait du problème énergétique de l'été un problème de gouvernance : deux monopoles publics sous-investis qui défaillent ensemble en pleine canicule.

Human Rights Watch a publié le 16 juillet le témoignage d'une Camerounaise de 44 ans, que l'organisation appelle Christine, partie de Sfax vers 2 heures du matin sur une embarcation de quinze mètres carrés transportant 52 personnes et interceptée par la garde côtière tunisienne une dizaine d'heures plus tard ; elle y décrit les mauvais traitements et le viol qui ont suivi. Le récit est celui d'une seule personne, publié par l'organisation sous identité protégée, et paraît le jour même de la déclaration commune des 46 organisations sur les trois ans du protocole UE-Tunisie. Il donne un déroulé et un visage à ce dont il est question dans le débat sur les financements : les unités qui procèdent à ces interceptions comptent parmi les bénéficiaires des fonds migratoires européens.