Alertes météo et réaction
Le gouverneur de Tunis a renvoyé les élèves de la capitale chez eux à 15h00 le 17 septembre 2026, par un communiqué publié sept minutes plus tôt qui invoquait notamment de fortes pluies attendues à partir de 16h00.

Le jeudi 10 septembre 2026, l'Office national de la protection civile a porté sa préparation à son plus haut niveau, pour des pluies attendues ce jour-là et le lendemain. L'Institut national de la météorologie a placé le Grand Tunis, Zaghouan et Béja en vigilance orange. Les prévisions rapportées par La Presse annonçaient 40 à 60 millimètres sur Le Kef, Jendouba, Siliana et le Grand Tunis, et jusqu'à 80 à Béja et Zaghouan. Khalil Mechri, de l'Office, a indiqué qu'un plan préventif déplaçait personnels et équipements vers les zones susceptibles d'être touchées.
Le jeudi 17 septembre, le gouverneur de Tunis a suspendu les cours à partir de 15h00, dans tous les établissements éducatifs, de formation et universitaires du gouvernorat. Le communiqué est sorti à 14h53. Il invoquait de fortes pluies attendues à partir de 16h00, soit une heure après la sortie des élèves, ainsi que les bulletins d'alerte et la carte de vigilance de l'Institut. Quand il est paru, la pluie était déjà tombée et avait bloqué la circulation, rapporte Business News. La décision a été prise après consultation de la commission régionale des catastrophes.
Le gouverneur de La Manouba a suspendu les cours lui aussi. Des parents ont quitté leur travail précipitamment pour rejoindre les écoles au moment même où des automobilistes tentaient de rentrer chez eux ou de se mettre à l'abri, rapporte Business News. Les contestations qui ont suivi portaient sur la manière dont la décision avait été annoncée davantage que sur le principe de la suspension. L'Institut avait placé Sousse, Monastir et Mahdia en orange plus tôt dans la journée, et ce soir-là il y a ajouté les quatre gouvernorats du Grand Tunis, après des pluies torrentielles, de la grêle et des orages sur la capitale.
La journaliste Essia Atrous a raillé ce qu'elle a appelé une capacité surnaturelle à anticiper les événements et les risques. Hamdi Hached, expert environnemental, a décrit à la place une chaîne d'alerte. Une première alerte peut intervenir 24 à 48 heures à l'avance, le public étant informé et les écoles et les transports préparés 12 à 24 heures avant. Une suspension des cours peut être décidée 6 à 12 heures avant, idéalement la veille si le danger est attendu dans la matinée.
Les intempéries ont tué avant le 17 et après. Un père et son fils ont été emportés près de Metlaoui le samedi 12 septembre, et les secours ont retrouvé leurs corps le 15. Un garçon de 8 ans a été emporté par l'oued Rouhia, à Siliana, le vendredi 18 septembre, et retrouvé mort le soir même. Deux gardes-frontières algériens ont été emportés le dimanche 20 septembre, du territoire algérien vers la Tunisie selon les premiers éléments rapportés par La Presse. Un corps a été retrouvé ce dimanche à Kasserine, le second le mercredi 23 septembre au soir.
”l'alerte précoce réelle n'est pas un simple bulletin météo”
Les chiffres
Ce que la comparaison montre
Ce sur quoi ils s'accordent
La prévision n'est contestée par personne. La protection civile a agi en conséquence, le communiqué de Tunis invoque les bulletins mêmes de l'Institut comme fondement, et le reproche de Hached est qu'un bulletin n'est pas une alerte.
Là où ça se sépare
Hached et Atrous ne visent pas la même cible. Hached situe la faute dans le moment où la décision a été prise, et décrit une chaîne d'alerte qui l'aurait produite plus tôt. Atrous ne décrit aucune chaîne : elle lit la fermeture de dernière minute comme un verdict sur l'état d'alerte du pays.
Ce que personne ne dit
La prévision relève de l'Institut national de la météorologie, la préparation relève de la protection civile et la fermeture relève du gouverneur. Le communiqué dit sur quoi le gouverneur s'est appuyé et qui il a consulté. Aucune source ne cite de règle l'obligeant à agir avant une heure donnée, et le seul calendrier disponible est la recommandation de Hamdi Hached.
Qui dit quoi
Il situe la défaillance dans le moment de la décision, non dans la prévision. Une suspension des cours ne devrait pas attendre le début des pluies ni l'engorgement des routes, et dans une crue soudaine chaque heure perdue réduit ce que la prévention peut faire.
”l'alerte précoce réelle n'est pas un simple bulletin météo”l'alerte précoce réelle n'est pas un simple bulletin météo
Elle a raillé ce qu'elle a appelé une capacité surnaturelle à anticiper les événements et les risques. Elle a lu dans l'arrêt des cours à la dernière minute un signe de l'état d'alerte du pays.
”capacité surnaturelle à anticiper les événements et les risques”capacité surnaturelle à anticiper les événements et les risques
S'exprimant le 10 septembre, il a indiqué que l'Office avait porté sa préparation à son plus haut niveau et mis en place un plan préventif, renforçant en personnels et en équipements les zones susceptibles d'être touchées. La Presse rapporte que la priorité irait aux endroits déjà inondés lors d'épisodes pluvieux précédents.
Nos articles
- Un garde-frontière algérien noyé après avoir été emporté par les crues jusqu'en Tunisie près de Kasserine, un second homme porté disparulundi 21 septembre 2026
- La Protection civile tunisienne comptabilise 333 interventions en 24 heures, met ses unités en alerte avant de nouveaux orages dès mercredilundi 21 septembre 2026
- Les écoles de Tunis prévenues sept minutes avant la sortie anticipée pendant la tempête, une chronique critique l'alerte tardivedimanche 20 septembre 2026
- Après l'alerte, l'orage : Tunis inondée, des automobilistes bloqués, électricité et internet coupéssamedi 19 septembre 2026
- Pluies torrentielles dans le Grand Tunis : alerte orange étendue, cours suspendus dès 15hjeudi 17 septembre 2026
- Fortes pluies inondent le Grand Tunis, la protection civile hausse l'alerte au maximumjeudi 10 septembre 2026