··

Tunisia News

Tunisie · Europe · Géopolitique : le brief quotidien
Contexte

La croissance et ce qui la porte

Dans une première estimation, l'Institut national de la statistique donne la croissance tunisienne à 2,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025, et les services et l'agriculture en ont porté l'essentiel : l'industrie dans son ensemble s'est limitée à 0,3 % et les mines ont reculé de 9,6 %.

Le projet de budget 2026 tablait sur 3,3 % de croissance. Six mois plus tard, l'Institut national de la statistique en mesure 2,4, et 72 % des investissements directs étrangers du semestre sont allés aux industries manufacturières, dont la valeur ajoutée a crû de 0,9 % au deuxième trimestre.
La croissance et ce qui la porte

L'Institut national de la statistique donne la croissance tunisienne à 2,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025, et à 2,4 % sur le premier semestre. Les services en portent la plus grande part, 1,18 point sur ces 2,3, avec l'hôtellerie et la restauration en hausse de 4,6 %, et l'agriculture croît le plus vite, de 5,5 %. La demande intérieure, c'est-à-dire la consommation et l'investissement, progresse de 3,3 % et apporte 3,61 points. Les échanges extérieurs nets en retirent 1,33 point : les importations progressent de 11,2 % contre 10,4 % pour les exportations.

L'industrie dans son ensemble se limite à 0,3 %. La valeur ajoutée de l'énergie, des mines, de l'eau et des déchets recule de 1,7 %, avec des mines en baisse de 9,6 % et une extraction de pétrole et de gaz en baisse de 1,1. L'indice de la production industrielle, publié par l'institut le 18 août 2026, montre le même recul : la production progresse de 1,5 % sur le trimestre, tandis que les mines reculent de 9,9 % et la chimie de 6,4. Sur six mois, la production progresse de 2,9 %, portée par le raffinage du pétrole en hausse de 123,4 % après plusieurs arrêts l'année précédente.

L'observatoire agricole Onagri a compté 368 000 tonnes d'huile d'olive exportées sur les neuf premiers mois de la campagne 2025/2026, à fin juillet 2026, contre 236 900 un an plus tôt, soit une hausse de 55,3 %. Les recettes atteignent 4 605,3 millions de dinars, en hausse de 44,4 %. Réalités chiffre ces mêmes recettes à environ 1,4 milliard d'euros et écrit que les volumes ont crû plus vite que les revenus parce que la récolte a été abondante et les prix mondiaux en baisse. L'essentiel part en vrac, 86 % des volumes et 81,4 % des recettes.

Les investissements étrangers vont à d'autres secteurs que ceux qui ont crû. La Fipa, l'agence de promotion des investissements étrangers, chiffre les investissements internationaux à 1 929,5 millions de dinars à fin juin 2026. Les investissements directs en représentent 1 911,8 millions, dont 72 % pour les industries manufacturières, 19 % pour l'énergie, 7,7 pour les services et 1,3 pour l'agriculture. La valeur ajoutée manufacturière progresse de 0,9 % sur le trimestre, contre 5,5 % pour l'agriculture. La Tunisie table sur 4 milliards de dinars pour toute l'année 2026, contre 3,5 milliards en 2025.

Pour le gouvernement, le semestre montre une économie capable de résister aux chocs internes et externes. Samir Abdelhafidh, ministre de l'économie et de la planification, a présenté les orientations du budget économique 2027 à un conseil ministériel présidé par Sarra Zaafrani Zenzri le 19 août 2026. Un budget économique est le plan annuel qui doit s'accorder avec le projet de loi de finances de la même année. Le projet de budget de l'État pour 2026 tablait sur 3,3 % pour l'année, contre les 2,4 mesurés à ce stade, et le compte rendu du conseil par La Presse ne donne aucun chiffre révisé.

Les chiffres

Croissance, deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025
2,3 %
Le PIB a progressé de 2,3 % au deuxième trimestre 2026 par rapport au même trimestre de 2025 et, en données corrigées des variations saisonnières, de 1,4 % par rapport au premier trimestre 2026. Sur le premier semestre 2026, la croissance atteint 2,4 % par rapport au premier semestre 2025. Ce sont les premières estimations des comptes nationaux trimestriels de l'Institut national de la statistique, publiées le 15 août 2026.
Ce que chaque secteur a apporté, deuxième trimestre 2026
5,5 % agriculture, 0,3 % industrie
Au deuxième trimestre 2026, en glissement annuel : agriculture 5,5 %, services 1,9 %, hôtellerie et restauration 4,6 %, information et communication 3,5 %, transport 1,7 %, bâtiment 3,6 %, industries manufacturières 0,9 %, industrie dans son ensemble 0,3 %, et énergie, mines, eau et déchets moins 1,7 %, dont les mines à moins 9,6 % et l'extraction de pétrole et de gaz à moins 1,1 %. Les services signent la plus forte contribution sectorielle à la croissance, 1,18 point de pourcentage, et l'agriculture 0,51.
D'où vient la croissance, et ce qui en retire une part
La demande intérieure, c'est-à-dire les dépenses de consommation et la formation brute de capital fixe, progresse de 3,3 % en glissement annuel au deuxième trimestre 2026 et apporte 3,61 points de pourcentage à la croissance. Les échanges extérieurs nets apportent moins 1,33 point de pourcentage sur le même trimestre. Les exportations de biens et services progressent de 10,4 % et les importations de 11,2 %. Il s'agit de contributions au taux de croissance, non de taux de croissance.
Indice de la production industrielle, deuxième trimestre 2026
L'Institut national de la statistique a publié son indice de la production industrielle de juin 2026 le 18 août 2026. La production industrielle progresse de 1,5 % au deuxième trimestre 2026 et de 2,9 % sur les six premiers mois. Sur le trimestre, les industries agroalimentaires progressent de 2,6 %, les industries mécaniques et électriques de 3,8 % et les matériaux de construction, la céramique et le verre de 1,2 %, tandis que la chimie recule de 6,4 %, l'énergie de 1,1 % et les mines de 9,9 %. Sur les six mois, le raffinage du pétrole progresse de 123,4 %, ce que l'institut attribue à la reprise de l'activité après plusieurs arrêts l'année précédente, et le textile, l'habillement et le cuir reculent de 3,4 %.
Huile d'olive exportée sur neuf mois de la campagne 2025/2026
368 000 tonnes
Sur les neuf premiers mois de la campagne 2025/2026, à fin juillet 2026, la Tunisie a exporté 368 000 tonnes d'huile d'olive contre 236 900 tonnes sur la même période de la campagne précédente, soit une hausse de 55,3 %, pour des recettes de 4 605,3 millions de dinars contre 3 190 millions, soit une hausse de 44,4 %. L'Union européenne a pris 57,1 % des volumes, l'Espagne 32,1 % et l'Italie 20 %, les États-Unis 19,2 % et le Canada 4,8. L'huile extra vierge représente 83,6 % des volumes. L'huile vendue en vrac représente 86 % des volumes exportés et l'huile conditionnée 14 %. Les chiffres sont ceux d'Onagri, rapportés par l'agence Tap.
Pourquoi les recettes ont progressé moins vite que les volumes
Réalités chiffre les recettes de ces mêmes neuf mois à environ 1,4 milliard d'euros, en hausse de 44,4 % contre une hausse de 55,3 % en volume, et écrit que les volumes ont crû plus vite que les revenus principalement du fait de l'abondance de la production tunisienne cette saison et de la baisse des prix internationaux par rapport aux sommets des années précédentes. En recettes, le vrac pèse 81,4 % et le conditionné 18,6 %. Réalités ajoute que cette structure limite la valeur ajoutée conservée en Tunisie, une partie de l'huile étant mise en bouteille et vendue à l'étranger sous des marques non tunisiennes.
Investissements étrangers à fin juin 2026, et leur destination
72 % à l'industrie manufacturière
La Fipa, l'agence de promotion des investissements étrangers, chiffre les investissements internationaux à 1 929,5 millions de dinars à fin juin 2026, qu'elle donne en hausse de 11,5 % sur 2025 et de 41,7 % sur 2024. La Presse ne précise pas si ces comparaisons portent sur les années entières ou sur les six mêmes mois. Les investissements directs étrangers en représentent 1 911,8 millions et les investissements de portefeuille 17,7 millions, ces derniers en hausse de 81,3 % sur la même période de 2025. Les industries manufacturières prennent 72 % de l'investissement direct, l'énergie 19 %, les services 7,7 et l'agriculture 1,3. La Tunisie table sur 4 milliards de dinars d'investissements étrangers à fin 2026, contre 3,5 milliards en 2025.
Les hypothèses du projet de budget de l'État 2026
Le projet de budget de l'État pour 2026, rapporté le 5 novembre 2025, a été bâti sur un taux de croissance de 3,3 % pour toute l'année 2026 et un prix de référence de 63,3 dollars le baril de Brent. L'enveloppe budgétaire était de 79 624 millions de dinars, en hausse de 3,9 % par rapport aux résultats attendus pour 2025. La loi de finances pour 2026 a été promulguée le mois suivant.
Ce qui a été présenté au conseil ministériel du 19 août 2026
Samir Abdelhafidh, ministre de l'économie et de la planification, a présenté les orientations du budget économique 2027 à un conseil ministériel présidé par la cheffe du gouvernement Sarra Zaafrani Zenzri le mercredi 19 août 2026. Il a donné une croissance de 2,4 % pour le premier semestre 2026, de 2,3 % pour le deuxième trimestre et de 1,4 % par rapport au premier trimestre, et un chômage de 14,9 % contre 15,3 % sur la même période un an plus tôt. Les priorités citées sont l'investissement public et privé, l'accélération de la réalisation des projets, le climat des affaires, la compétitivité, la transformation numérique et l'innovation, et les ressources souveraines avec des financements diversifiés.
Ce que le ministère de l'industrie a approuvé pour l'huile d'olive conditionnée
Le ministère de l'industrie a annoncé le vendredi 8 mai 2026 avoir approuvé les programmes publicitaires et promotionnels des entreprises produisant et exportant de l'huile d'olive conditionnée au titre de 2026. L'objectif affiché est de renforcer la position de l'huile d'olive tunisienne sur ses marchés traditionnels et d'accélérer son accès au Canada, aux États-Unis, aux pays du Golfe, à la Chine, à la Russie et au Brésil. Au premier trimestre 2026, les exportations d'huile conditionnée ont dépassé 20 000 tonnes contre environ 11 000 un an plus tôt, pour 340 millions de dinars, soit 69 % de plus en valeur qu'un an plus tôt.

Ce que la comparaison montre

Ce sur quoi ils s'accordent

L'Institut national de la statistique mesure les mines dans deux séries différentes, et les deux reculent. Les comptes nationaux enregistrent une valeur ajoutée en recul de 9,6 % au deuxième trimestre 2026, et l'indice de la production industrielle une production en recul de 9,9 % sur le même trimestre.

Ce que personne ne dit

Personne ne dit quelle part de l'huile d'olive devrait partir conditionnée, ni à quelle échéance. Le ministère de l'industrie a approuvé le 8 mai 2026 les programmes publicitaires et promotionnels des exportateurs d'huile conditionnée, et l'annonce, telle que la rapporte Managers, nomme les marchés visés mais ne donne ni part ni échéance.

Nos articles