
L'Assemblée des représentants du peuple (ARP) a tenu, le lundi 27 juillet, une séance plénière consacrée aux coupures répétées d'électricité et d'eau qui frappent plusieurs régions en pleine canicule historique. Aucun membre du gouvernement ne s'est présenté, alors même que l'exécutif avait été informé à l'avance, et les députés ont dénoncé l'absence d'explication sur les causes des perturbations : Fatma Mssedi a réclamé que le gouvernement présente des solutions, tandis que le président de l'ARP, Brahim Bouderbala, a indiqué que la séance visait à s'inspirer des expériences d'autres pays pour engager des réformes du secteur. Qu'une crise qui paralyse foyers et industriels ne suscite aucune réponse gouvernementale dans l'hémicycle en dit long sur la faiblesse du contrôle parlementaire depuis 2021.

À partir du mardi 28 juillet, au palais du Bardo, l'Assemblée des représentants du peuple examine l'accord de garantie signé le 3 novembre 2025 avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), portant sur un prêt à la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) pour l'acquisition de nouveaux équipements miniers et l'installation d'une unité moderne de filtration à haute pression pour le traitement des eaux usées, ainsi que deux accords de garantie conclus les 1er et 2 décembre 2025 avec la Société internationale islamique de financement du commerce (ITFC), relatifs à des opérations de mourabaha finançant les importations d'engrais du Groupe chimique tunisien (GCT). La Presse, qui reprend le communiqué de l'Assemblée, ajoute un quatrième texte : un deuxième avenant au contrat de prêt entre la Banque centrale, agissant pour le compte de l'État, et Afreximbank, destiné à financer une partie du budget : un point absent du communiqué du bureau de l'ARP du 23 juillet et, à ce stade, rapporté par ce seul média. L'Assemblée clôturera ensuite sa quatrième session ordinaire, conformément à l'article 71 de la Constitution, sur un ordre du jour qui rappelle à quel point la relance du phosphate comme le budget reposent sur des emprunts extérieurs garantis, en l'absence de programme avec le FMI.

Dans un bilan des cinq années écoulées depuis le 25 juillet 2021, Ridha Chkoundali, professeur d'économie à l'Université de Tunis, indique que le taux d'investissement est tombé à environ 8% du PIB en 2023, contre une moyenne de 20% entre 2015 et 2019, et que la pression fiscale a augmenté de cinq points depuis 2015. L'inflation alimentaire atteint, selon l'article, près du triple du rythme général, et le chômage a progressé, en particulier chez les diplômés du supérieur. Kaïs Saïed a rejeté l'accord avec le FMI, jugé dicté de l'extérieur, mais a néanmoins appliqué, souligne le texte, une bonne part de la même austérité : sans les décaissements qu'un programme aurait apportés.