Tunisie

L'Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) a annoncé, lundi 20 juillet 2026, les résultats préliminaires du second tour de la législative partielle de la circonscription d'El Kabaria, à Tunis : Chaker Bouthouri l'emporte avec 1 225 voix, soit 50,14% des suffrages exprimés, contre 1 218 voix à Mohamed Salah Salmi : sept voix d'écart. La participation est restée très faible : l'Observatoire Chahed l'estimait à environ 1% dimanche à la mi-journée, avec un léger sursaut en fin de journée seulement, et le premier tour du 28 juin n'avait mobilisé qu'environ 4% des inscrits selon l'Isie. Le Parlement issu de la Constitution de Kaïs Saïed pourvoit donc ses sièges vacants avec quelques centaines de voix dans une circonscription de plus de 60 000 électeurs, ce qui en dit davantage sur l'assise de l'institution que sur les candidats eux-mêmes.

Du 8 au 18 juillet, le président Kaïs Saïed n'a reçu aucun responsable au palais de Carthage, présidé aucune réunion rendue publique et effectué aucune visite annoncée : dans un pays soumis à des délestages quotidiens, à des coupures d'eau et à une canicule, sans qu'aucune réunion présidentielle consacrée à la crise ne soit annoncée. Business News relève également qu'il a chargé son ministre des Affaires étrangères, Mohamed Ali Nafti, de présenter les condoléances de la Tunisie à Doha après le décès de l'émir Hamad ben Khalifa Al Thani le 12 juillet, rompant avec son habitude de se déplacer en personne. La cellule de vérification du même titre a par ailleurs établi qu'une vidéo présentée comme une réponse présidentielle datée du 17 juillet 2026 est en réalité un extrait du 3 avril 2023, aux côtés de la cheffe du gouvernement d'alors, Najla Bouden. Le sujet n'est pas la rumeur, mais le vide : quand la présidence se tait, n'importe quelle vieille vidéo fait l'actualité.

Le journaliste Zied El-Heni a publié, lundi 20 juillet 2026, un message depuis la prison civile de la Mornaguia dans lequel il défend une conception engagée du métier et conclut par « liberté pour la presse tunisienne ». Il est incarcéré depuis le 26 avril et a été condamné le 7 mai par la chambre correctionnelle du tribunal de première instance de Tunis à un an de prison pour « atteinte à autrui via les réseaux publics de communication », sur le fondement de l'article 86 du Code des télécommunications, après des propos critiquant des magistrats ; la Cour d'appel de Tunis a confirmé la peine le 26 juin. Le Syndicat national des journalistes tunisiens conteste le recours à cet article 86, devenu, avec le décret-loi 54, l'outil de référence pour poursuivre les voix critiques.

La directrice de l'administration commerciale et du marketing de la Steg, Hind Neifer, a déclaré à Diwan FM que les coupures tournantes ne sont décidées que lorsque le système atteint le niveau d'alerte rouge, et qu'elles restent « limitées » et ciblées afin d'éviter un black-out généralisé. Le même jour, la société a publié son planning de délestage pour le lundi avant d'annoncer des coupures possibles jusqu'à minuit, dans des régions allant du Grand Tunis et de Bizerte à Sfax, Gafsa et Tozeur. Qu'un monopole public doive expliquer publiquement pourquoi le pays s'éteint en pleine canicule transforme le déficit de production en question politique : les pics de demande reviennent chaque été, mais les capacités n'ont pas suivi.